Compagnie Artbooka rencontre, échange et création
artistique
Pays: US
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Sortie: 16 avril 2007
Après son dernier album "Trampin’’ sorti en 2004, Patti Smith a décidé de revenir avec un opus de reprises de chansons qui l'ont marqué durant sa déjà longue carrière. Elle nous offre ici douze titres bien connus de tous mais retranscrits à sa manière.
Pour ce faire, elle est seulement accompagnée de trois musiciens. Il y a Lenny Kaye aux guitares, Tony Shanahan à la basse et aux claviers ainsi que Jay Dee Daugherty à la batterie et aux percussions. Quelques invités sont malgré tout de la partie pour certains titres. On rencontre ainsi Tom Verlaine, Rich Robinson et Flea.
Patti Smith débute avec une version toute personnelle du fameux "Are You Experienced?" de Jimi Hendrix. Elle avait déjà voulu le reprendre au début de sa carrière mais ne s'était alors pas sentie à la hauteur. Ici, elle s'approprie entièrement le titre l'imbibant de tons envoûtants créant ainsi une ambiance mystérieuse tout au long de sa superbe interprétation. C'est une des perles de cet opus. Par contre, "Everybody Wants To Rule The World" accroche bien moins. Sans doute son interprétation est-elle trop fidèle et puis ce titre de Tears For Fears a pris un bon coup de vieux. En fait, c'est la seule chanson de l'album dont on se serait passé.
"Helpless" de Neil Young est à nouveau une perle. Nous sommes séduit par tant de sensibilité. La voix de Patti vibre sous son grand feeling. Les Rolling Stones sont ici représentés par le fameux "Gimme Shelter". Patti nous en délivre une version qui flanque les frissons, digne d'un grand Mick Jagger. Après les Stones, ce sont les Beatles qui y passent avec une chanson du regretté George Harrison. "Within You Without You" provient du fameux "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band". Avec son groupe restreint, elle la distille en douceur en conservant quelques tons hindous.
Le mystère plane sur "White Rabbit" du Jefferson Airplane. Grace Slick est une chanteuse qui a marqué Patti quand elle était jeune. Elle tenait donc à lui rendre cet hommage et le moins qu'on puisse dire est que c'est réussi avec très grande distinction. Le titre prend un sérieux coup de jeune baigné d'une ambiance psyché et de la voix prenante de Smith. Bob Dylan chantait "Changing Of The Guards" en 1978 (album "Street Legal"). C'est avec cet album qu'elle découvrit Dylan. Son chant est empreint d'émotion accompagné d'arrangement acoustiques très sobres. "The Boy In The Bubble" vient de l'album "Graceland" de Paul Simon. Encore une superbe reprise qui vous prend par les tripes. Elle y a ajouté un dulcimer et Rich Robinson est venu donner un petit coup de main. Encore une très belle réussite !
Puis "Soul Kitchen" des Doors s'amène avec tout son groove. Patti alterne les moments doux et puissants mais conserve toujours une voix au grand charisme qui transcende encore ce titre chanté par Jim Morrison. Et que dire de ce "Smells Like Teen Spirit", incontournable de Nirvana. Cette version est génialissime. Il n'y a pas de mot assez fort pour décrire cette merveilleuse interprétation. Vous sentirez les frissons parcourir votre corps en tous sens durant son écoute. L'utilisation d'un banjo et d'un fiddle transcende encore la chanson lui donnant des couleurs toutes particulières. Rien que cette reprise impose l'achat de l'album.
Elle avait rencontré les Allman Brothers pour la première fois en 1970 et tenait à reprendre une de leurs chansons. Elle a choisi "Midnight Rider". Rich Robinson l'accompagne ici aussi. Enfin, elle termine l'album en force avec une interprétation de génie du fameux "Pastime Paradise" de Stevie Wonder. Personnellement je la trouve largement au-dessus de l'original surtout grâce à la profondeur du chant de Patti transpirant d'un feeling digne des plus grands. Cette reprise est une merveille sur laquelle elle dévoile toute son âme. Frissons garantis sur toute la longueur et après cela une seule envie nous taraude, trouvez la touche play pour s'en remettre une dose.
Rarement nous avons vu un album de reprises atteindre un tel niveau. Patti Smith a entièrement réussi ce challenge. Ce "Twelve" est exceptionnel de bout en bout tant par la grande performance vocale que nous offre Patti que par la réécriture musicale des titres présents. Indispensable pour tous les fans de l'artiste mais également une bien belle façon de la découvrir si vous n'avez encore aucun album d'elle. ( Music in Belgium)
Avant de se lancer dans une carrière de chanteuse rock, Patti Smith, amie de Tom Verlaine, fréquente assidûment le CBGB’s et le Max’s Kansas City, hauts lieux du punk à New York. Elle y déclame des poésies, seule d’abord, accompagnée à la guitare par son complice de toujours Lenny Kaye ensuite. Intellectuelle cultivée (pour ne donner que quelques exemples, elle a étudié les poèmes de Rimbaud et apprécie la peinture de Brancusi), elle écrit beaucoup et ses textes sont très denses et profonds. Comme Lizzy Mercier-Descloux, qui vient de mourir à l’âge de 47 ans, elle est à la recherche d’authenticité et refuse les compromissions dans lesquelles s’enferme le rock.
Critique de rock au magazine Rolling Stone, elle décide alors de se lancer. Pas facile pour une femme, à l’époque. Elle réunit quelques musiciens et se produit au CBGB’s en première partie de Television, le groupe de son ami Tom Verlaine. Le succès est immédiat ! La carrière de Patti Smith prend vraiment tournure en 1975 avec l’excellent album produit par John Cale, « Horses », un des premiers albums punk new yorkais avec celui des Ramones. Y figure Ivan Krall, un guitariste belge (ou plutôt tchèque : merci, anonyme) tombé dans l’oubli.
Dans la foulée de « Horses », elle sort successivement « Radio Ethiopia » (1976), « Easter » (1978) et « Wave » (1979). Quand elle épouse Fred « Sonic » Smith en 1980, elle se consacre à l’éducation de leurs enfants sans cesser d’écrire. En 1988, elle enregistre « Dream Of Life », dont les titres ont été composés avec son mari.
Puis elle est de nouveau absente de la « rock scene » pendant plusieurs années. C’est la mort de plusieurs êtres chers qui la ramène finalement à la musique : Robert Mapplethorpe (1989), un ami de longue date, Richard Sohl (1990), son claviériste, puis Fred Smith (1994), son mari, et son frère Todd (1994), morts à un mois d’intervalle.
En guise de thérapie, elle réunit ses musiciens et donne des concerts. Elle sort l’émouvant « Gone Again » (1996), longue complainte chantée où elle transcende sa douleur, puis « Peace And Noise », plus poétique, dont quelques titres ont été écrits avec son mari. Enfin, elle écrit et sort « Gung Ho » (2000). ( Music in Belgium)

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